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Comment aider votre enfant à vaincre ses peurs

 

Enfant peurLoup sous le lit, ombres, peur de la mort… Les enfants sont confrontés à de nombreuses craintes, à tous les âges. En tant que parent, il est souvent bien difficile de les apaiser. Voici six peurs courantes décryptées et les conseils d’ Isabelle Filliozat, psychothérapeute, pour les rassurer.

« Ne t’inquiète pas », « tu ne risques rien », « il n’y a aucun danger »… Comme beaucoup de parents, vous aimeriez que vos enfants soient suffisamment sereins et forts pour affronter leurs peurs. Si elle est désagréable, la peur est une émotion utile, qui leur permet de réagir face au danger.

Pour autant, certaines, inhibantes ou récurrentes, gâchent la vie des petits. Il est possible de les aider à y faire face, en leur proposant des outils pour les surmonter par eux-mêmes.

« J’ai peur des ombres dans ma chambre »

Age : 3-4 ans

A chaque fois, à l’heure du coucher, c’est la même histoire. Dès la lumière éteinte, les ombres se mettent à danser autour de lui et il s’imagine qu’elles lui veulent du mal. Immédiatement, les pleurs se font entendre et vous accourez dans la chambre pour le rassurer et rallumer sa loupiote. « A cet âge-là, tous les enfants traversent ce genre de peur, explique Isabelle Filliozat, psychothérapeute. Ils construisent leur imaginaire et se font de petits films ». Dans leur chambre, leurs nounours, leurs jouets ou leur commode prennent forme et deviennent des monstres terrifiants ! « Cela fonctionne comme des figures ambivalentes, ces dessins où l’on peut visualiser deux formes différentes, ajoute la spécialiste. Le problème, c’est qu’une fois qu’ils ont vu quelque chose qui leur fait peur, ils ne parviennent plus à se détacher de cette image ! » D’où les cris avant de dormir et la veilleuse allumée toute la nuit…

Pour le rassurer : « Aidez-le à identifier la cause des ombres : un coussin, une peluche… Apprenez-lui à éteindre et allumer la lumière pour se rassurer. Vous pouvez aussi jouer avec lui aux ombres chinoises en créant des figures contre le mur avec les mains à l’aide d’une bougie ou une lampe. Ainsi, plutôt que de se faire des idées, l’enfant pourra comprendre la cause des ombres qui l’inquiètent et ne les craindra plus. »

« Il y a un monstre sous mon lit »

Âge : 3-4 ans

« Ne me laisse pas tout seul, maman, sinon le loup va sortir de sous mon lit et venir me manger ». Chaque soir, après l’histoire, il est terrorisé. Vous devez vérifier avec lui à plusieurs reprises sous le matelas, dans les armoires, qu’aucune créature maléfique ne va venir lui faire du mal. « C’est l’imaginaire de l’enfant qui fonctionne à plein régime. En réalité, les monstres sont liés aux émotions réprimées dans la journée, décrypte Isabelle Filliozat. Prenons l’exemple d’un enfant très en colère contre sa sœur qui lui a volé un jouet. Il peut se retenir d’exprimer cette colère, car ses parents ne la supportent pas ». Il se sent alors méchant et cette bête imaginaire lui fait du mal, car elle représente un sentiment négatif.

Pour le rassurer : « Face à un monstre récurrent, qui peut prendre diverses formes, proposez à l’enfant d’exprimer tout ce qu’il a ressenti dans la journée à travers un dessin. Vous pouvez également lui demander d’ébaucher la créature et le faire interagir avec elle. C’est un moyen d’apprivoiser la bête, et par extension, l’émotion. Enfin, pour le rassurer, fabriquez avec lui un petit « spray à monstre », qu’il pourra mettre sous son oreiller et qui lui permettra de se défendre la nuit. Ces astuces permettent de lui donner du pouvoir. »

« Maman, un jour, tu vas mourir ? »

Âge : Autour de 4 ans

La question est tombée comme un couperet. Soufflée, vous n’avez su que répondre, vous craigniez de l’inquiéter. Une réaction bien légitime, qui pourtant risque de faire peur à votre enfant. « Aux alentours de 4 ans, nous prenons conscience que la vie n’est pas si simple, affirme Isabelle Filliozat, alors qu’auparavant, nous nous sentions protégés par les parents. Cela crée une crainte qu’il faut éviter de transformer en peur en éludant l’interrogation. Ces questions sont naturelles et font partie du développement normal d’un enfant. »

Pour le rassurer : « Souvent, les parents cherchent à apporter une réponse. Privilégiez plutôt les questions pour comprendre son inquiétude. L’objectif est de permettre à votre enfant de s’exprimer, de mettre des mots sur un concept très abstrait. Vous pouvez lui demander : « Qu’est-ce que la mort, pour toi ? Qu’est-ce qui te fait le plus peur quand tu penses au fait que je pourrais mourir ? » En réfléchissant, l’enfant active des zones de son cerveau qui ne sont plus liées à la peur. De plus, ce n’est qu’en écoutant ce qu’il veut nous dire que nous pouvons pénétrer son cœur ! »

« J’ai peur de partir en colo »

Âge : 5-12 ans

Quand vous l’avez inscrit, il était tout content de partir à la mer avec d’autres enfants de son âge. C’est vrai que parfois, entouré d’adultes, il s’ennuie un peu en vacances. Mais depuis quelques jours et l’approche du départ, il a peur de quitter la maison. « C’est une anxiété plus qu’une peur, corrige Isabelle Filliozat. Elle est saine. C’est ce qui nous permet à tous, même adultes, de nous préparer à quelque chose ». L’enfant imagine tout ce qui risque de se passer. Le bus peut tomber en panne, il peut ne pas parvenir à dormir, se retrouver tout seul. Ces scénarios l’angoissent beaucoup.

Pour le rassurer : « Lui dire que tout va bien se passer est inutile. Dans ce cas, le jeu du « et si » est souvent magique, car il permet d’accompagner son anxiété. Par exemple : il a peur de se blesser. Vous pouvez commencer à lui poser les questions suivantes et lui demander d’y répondre :

-Et si tu te cassais la jambe ?
-J’irais à l’hôpital

-Et si tu allais à l’hôpital ?
-On me soignerait…

Et ainsi de suite. Souvent, la discussion se termine dans un éclat de rire car une situation ubuesque se présente. Si l’angoisse persiste, vous pouvez conclure le jeu en lui demandant : « Et si ce qui t’inquiète n’arrivait pas ? Et si ça se passait bien ? » C’est un moyen pour l’enfant de comprendre qu’il doit prendre le risque de ces « dangers » pour passer de beaux moments. »

« J’ai peur des insectes »

Âge : 5-12 ans

Si beaucoup d’enfants sont fascinés par le monde minuscule des arthropodes, qu’ils peuvent passer des heures à les observer dans les buissons, dans l’herbe, sur les fleurs, d’autres ne peuvent en croiser un sans hurler de terreur. « Dans notre société et dans les villes notamment, nous avons de moins en moins de contact avec les insectes, commente la psychothérapeute. Beaucoup de craintes des enfants sont des contagions. Il suffit qu’une nounou ou un proche ait bondi à la vue d’une araignée pour que l’enfant s’affole à la vue des insectes. »

Pour le rassurer: « Vous pouvez éduquer votre enfant à la nature ! Montrez-lui à quoi ressemblent les insectes dans des livres, sur Internet, puis dans la forêt. L’objectif, petit à petit, c’est de le confronter délicatement à ces animaux pour que la curiosité l’emporte sur la peur. »

« J’ai peur des autres »

Âge : Autour de 7 ans

Arrivé le dimanche soir, il est nerveux, inquiet à l’idée de reprendre l’école le lendemain. Il éprouve des difficultés à se faire des amis, craint de se faire embêter par les autres. « Une des grandes erreurs que nous ayons fait en tant qu’adultes, c’est de mettre des enfants du même âge ensemble sans leur apprendre à se comporter avec les autres en société », déplore Isabelle Filliozat. Certains développent une véritable peur à l’idée d’évoluer avec leurs petits camarades.

Pour le rassurer: « Proposez à l’enfant un petit objet comme une pierre à se faire des amis. Expliquez-lui qu’au centre, il y a quelque chose de précieux. Cette chose inestimable représente son cœur, mais on ne peut pas le voir de l’extérieur. Dites-lui de serrer cet objet magique quand il va voir d’autres enfants et qu’ainsi, ils verront tout de suite ce qui est beau en lui et inversement ! Ainsi, il prendra confiance et aura moins de crainte à l’idée d’aller vers les autres ».

Peur, anxiété ou angoisse ?

Dans son ouvrage Il y a des monstres sous mon lit, aidez votre enfant à vaincre ses peurs (Hachette, 2017), la psychologue Florence Millot définit la peur comme « une sensation de crainte liée à une image réelle ». A l’inverse,l’anxiété ne se base sur aucune image réelle ». Elle est donc irrationnelle. Avec l’anxiété, l’enfant finit par ne plus comprendre pourquoi il a peur. Enfin, l’angoisse « se différencie de l’anxiété par les modifications physiologiques qu’elle entraîne dans tout le corps (…) Elle se caractérise par l’intensité du malaise psychique et physique ressenti. »

5 erreurs à ne pas commettre en tant que parent

(Tirées de l’ouvrage Les cahiers Filliozat, mes peurs, amies ou ennemies ?)

Exposer de force l’enfant à l’objet de sa peur : Inutile d’ajouter un traumatisme.

Surprotéger: Cela confirme à l’enfant son impuissance.

Rassurer: Par des mots qui ne sont pas ceux de l’enfant.

Minimiser: L’enfant se croit alors « trop sensible » et se dévalorise.

Exagérer: Dire « mon pauvre petit, c’est terrible » face à une peur qui n’est pas insurmontable est contre-productif. L’enfant n’est pas dupe et il risque de se sentir déconsidéré.

Aider l’enfant à affronter ses peurs

(Tirées de l’ouvrage Les cahiers Filliozat, mes peurs, amies ou ennemies ?)

- Donnez-lui des ressources, comme par exemple la pierre à se faire des amis ou le spray anti-monstre, pour qu’il puisse se confronter progressivement à ses craintes par lui-même.

- Rassurez par votre regard sans crainte et n’hésitez pas à le prendre dans vos bras.

- Demandez-lui de mesurer son degré de peur entre 1 et 10 et manifestez une empathie à la hauteur de sa réponse, ni trop importante ni trop faible.

Source : http://www.psychologies.com/

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