Nos sentiments et surtout le nom qu’ils portent sont socialement et culturellement définis. L’amour n’est pas univoque. Chacun porte en soi une définition de l’amour qui lui est propre. Lorsque le travail de décodage des ressentis initiaux n’a pu s’effectuer, l’adulte à venir sera incapable d’accepter, de contenir et de le vivre ses sentiments.
Communiquer pour ressentir
Pour que l’amour s’établisse entre deux personnes, il est indispensable qu’ils communiquent sur leur ressenti intime. Souvent, l’absence de sentiments amoureux provient de ce que nous ne sommes pas en mesure de les verbaliser. C’est à partir des premiers “je t’aime” que nous commençons à vivre pleinement le sentiment amoureux. En effet, aimer c’est, d’abord une perception personnelle, puis une offrande faite à l’autre. Il nous faut donc accepter d’aimer avant de pouvoir aimer notre partenaire.
Notre histoire, nos blocages
Le plus difficile dans une histoire, c’est de se lancer, de s’avouer ce qu’on éprouve, d’oser être amoureux. Dès que nous aimons, nous avons conscience que nous sommes vulnérables : peur de perdre, d’être éconduit, de la séparation… Ces angoisses nous font différer l’expression de ce qui nous relie à l’autre. Il nous faut acquérir une solidité intérieure pour nous dévoiler et pour aimer librement. Si nous avons expérimenté par le passé que nous pouvions souffrir d’être attaché, adultes nous éviterons toute situation en rapport avec ces premiers traumatismes (perte d’un parent, d’un ami d’enfance,…). Parfois, cette peur l’emporte et empêche la naissance du sentiment amoureux.
Les relations indéterminées
Désormais, nous aimons catégoriser les relations dans lesquelles nous entrons. Il y aurait les amis, les amants d’un soir, les amants réguliers, les amours, … Chaque fois qu’une idylle débute, nous nous sentons obligés de savoir dans quelle case la placer. Ce classement conforte notre besoin de maîtrise. Mais en distinguant si clairement le rôle de l’autre, nous nions aussi l’imprévu du sentiment. Il s’agit d’une défense face au péril que représentent nos mouvements affectifs. Inconsciemment, en bloquant la survenue d’un amour puissant mais potentiellement dévastateur, nous préférons rester dans une amitié amoureuse. Nous croyons ainsi moins souffrir quand en viendra peut-être la fin.
Malgré nos échecs répétés et les dégâts subis lors d’amours qui ont pris fin, nous ne devons pas nous emmurer dans une vie de froideur amoureuse. En effet, la seule issue à notre fermeture demeure la survenue d’une nouvelle passion. En nous décentrant de notre peine, elle rallumera notre désir de tenter l’aventure d’une rencontre dont personne ne peut encore présager la fin.
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