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Les bâtisseurs du nouveau monde

  • Par reikiland
  • Le 11/10/2013
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À combien de reprises devrais-je retourner encore dans ce monde fantastique ? Ce monde où tous vivent en paix et où personne ne se soucie du lendemain, car celui-ci fait déjà partie du passé… Le retour sur Terre est pour moi chaque fois de plus en plus difficile à supporter. Le contraste entre ici et là-bas est tellement grand que j’en ai toujours pour plusieurs jours à m’en remettre. Plus le temps passe et plus l’incertitude prend de place.

Si je n’avais pas fait le bon choix ? Aurais-je la force de mener à bien cette importante mission ? Comment sera reçue cette connaissance ? Autant de questions auxquelles je ne peux trouver de réponse, et cela ne fait que renforcer mon insécurité. Je sais pourtant que je dois me rappeler cette fameuse phrase qu’un de mes professeurs m’avait dit un jour, un jour qu’il avait mon attention : « Si tu es incapable de te faire confiance, comment veux-tu que les autres puissent avoir confiance en toi ? »

L’appel de la destinée vint frapper une autre fois à ma porte. Elle attend de moins en moins longtemps maintenant avant de faire son entrée dans mon inconscient. Après tout, les formes de politesses ont déjà été faites il y a de ça un bon moment.

Devrais-je encore m’en surprendre ?

Où vais-je atterrir cette fois ?

Je m’étonne presque à essayer de trouver…

Bonjour Alasira, mon ami, ça va bien ?

Comment se passent tes journées depuis que tu sais ce que tu sais ?

— Ça va bien. Seulement, j’ai quelques craintes… Je me demande si j’aurai la force de mener à bien cette mission. C’est un lourd poids que je devrai porter sur mes épaules, et ce, pour le restant de mes jours. J’ai l’impression que plus je prendrai de l’âge et plus il sera difficile à supporter.

— C’est là que tu te trompes mon ami. Tu auras de l’aide, beaucoup d’aide.

Aujourd’hui, tu as l’impression d’être seul, mais déjà tu ne l’es plus. La conscience a commencé à faire son propre chemin dans le cœur des hommes et des femmes de la Terre. Très bientôt, plusieurs se joindront à toi, et ta charge te paraîtra soudainement bien légère. Ce qui fait la force d’un homme ce ne sont pas les muscles qui couvrent son corps, mais le cœur qui les fait vivre. Ton cœur est fort, mon ami, très fort. Tu n’as rien à craindre. Tu sauras être la bonne personne lorsque sera venu le temps.

— Tu me rassures.

— Maintenant, je ne sais pas si tu te souviens, mais je t’avais dit que tu verrais bientôt comment les habitations du nouveau monde prenaient forme. Bien, le moment est venu d’assister à l’élévation de l’un de ces gigantesques monuments. Suis-moi et tu verras.

Ce que je fis. J’étais tellement occupé à me demander si je saurais être à la hauteur de cette tâche, que je ne m’étais même pas rendu compte de l’endroit où j’étais. Pour faire une image plutôt simpliste de ce lieu, disons que je me trouvais dans ce que l’on pourrait appeler un chantier de construction. Toutefois, sans machinerie, sans outils et sans matériaux. La seule chose qu’il y avait sur place était un gros amas de glaise ou d’argile.

Enfin, absolument rien qui laissait supposer un seul instant qu’une bâtisse d’envergure colossale allait bientôt prendre forme sous mes yeux. Qui plus est, le chantier était complètement désert.

— Tu verras, cela ne sera plus long maintenant. Les bâtisseurs du nouveau monde vont arriver incessamment.

Au moment où mon ami prononça ces paroles, je vis arriver à la marche un attroupement d’hommes, de femmes et d’enfants tenant dans leurs mains toutes sortes d’objets les plus inusités les uns les autres. Il y avait des bâtons avec un bout plat qui ressemblaient à des bâtons de cricket, des sceaux, des grattoirs de toutes sortes, de petits instruments semblables à des mirettes, des ébauchoirs, enfin, de tout pour retourner, égaliser, aplatir et sculpter la terre. Toutefois, ces objets ressemblaient beaucoup plus à des jouets que les enfants utilisent pour fabriquer des châteaux de sable qu’à des outils servant à la construction d’édifices. En voyant arriver ces hommes et ces femmes dans leurs tenues du dimanche avec leurs bâtons à la main, je les imaginais devoir affronter, ainsi parés, une horde de guerriers sauvages… Pas besoin de vous dire qu’ils en auraient fait qu’une bouchée! Mais bon, ces gens n’étaient pas là pour faire la guerre, mais plutôt pour la construction d’un édifice. De toute façon, il y avait sûrement déjà belle lurette que ces hommes et ces femmes n’avaient pas connu la guerre. On peut même se demander si ce mot faisait encore partie de leur vocabulaire. C’était tellement étrange, chacun arrivait avec un large sourire accroché à sa figure, comme s’il s’en allait participer à une fête ou à un carnaval. Des mères tenaient leurs jeunes enfants dans leurs bras alors que les plus âgés couraient en avant du groupe. Il y en avait d’autres qui étaient grimpés sur les épaules de leurs pères. En tout cas, une chose est sûre, nous étions bien loin des travailleurs de la construction que l’on connaît aujourd’hui. Alors ça oui, très loin!

— Mon ami, as-tu déjà assisté à la construction d’un temple en une seule journée ?

Sûrement pas ! Bien, pour la première fois dans l’histoire de ton humanité, tu seras témoin de ce prodige. Assois-toi confortablement et regarde ces bâtisseurs de génie à l’œuvre.

Comme mon ami me l’avait si bien suggéré, je m’assis près de lui dans un petit coin tranquille, à l’écart, afin d’assister à ce prodige. Je dois vous dire que, en regardant tous ces gens qui paraissaient avoir beaucoup plus le cœur à la fête qu’à travailler, sans parler de leurs enfants qui couraient dans tous les sens, j’avais beaucoup de difficulté à croire qu’ils arriveraient à faire quelque chose de bien dans ce brouhaha. Mais bon, je devais quand même leur laisser le bénéfice du doute. C’est alors que commença le travail – si je peux appeler cela du travail, car chacun rigolait et paraissait avoir tellement de plaisir que cela ressemblait bien plus à un jeu qu’à un travail. Pendant que les jeunes enfants jouaient accompagnés de leur mère, les autres commençaient à travailler l’amas de terre qui était déjà là à leur arrivée. Certains transportaient de la terre dans de petits récipients alors que d’autres commençaient à la manipuler afin d’élever des sortes de murets. Ce ne fut pas long que l’œuvre commença à prendre forme. Leurs gestes étaient adroits et très précis ; leurs talents, vraiment extraordinaires! J’assistais à ce moment même à la construction en direct d’un superbe château tout en argile, à une échelle réduite. Il commençait à prendre des allures royales avec ses magnifiques figures gravées sur les parois et ses colonnes sculptées sur la façade. Tout ceci était magnifique, mais nous étions encore loin d’un gigantesque monument. Je ne savais pas trop quoi en penser de ce travail, ma foi superbe certes, mais tout de même inutile. C’est alors qu’il se passa quelque chose de très surprenant.

Le temps autour de nous se mit à accélérer. Les personnages filaient devant mes yeux comme des centaines de petites fourmis pressées par le temps, Pareil à l’image d’un film que l’on passe à vitesse rapide. Je regardais alors mon ami, très surpris, mais je me doutais bien que ce petit manège avait sûrement été commandé par lui…



extrait du livre LE MESSAGER

http://francesca1.unblog.fr/

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