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Trouver son programme d’incarnation

Reincarnation 4À la fin du XIXe siècle, la France était pionnière de l’exploration des vies « antérieures » par le biais de techniques magnétiques, hypnotiques ou régressives. Ces recherches se sont exportées et c’est sur le continent américain qu’elles ont d’avantage été développées au XXe siècle. Or, les méandres de l’histoire ont voulu que dans les années 1980, des méthodes états-uniennes de « régression vers les vies passées » soient importées en France, notamment par le physicien Patrick Drouot. Et cette « nouvelle » approche, inspirée des travaux du psychanalyste Gregory Paxson et de la psychologue Helen Wambach, a fait un carton dans l’hexagone.  Dès son installation à Paris en 1986, la pratique de Patrick Drouot attire l’attention des médias. Des magazines comme Figaro Madame ou Paris Match lui consacrent des enquêtes.

On l’entend sur France Inter. Il passe sur Antenne 2 à une heure de grande écoute, sur TF1 avec deux participations à l’émission Ex libris . Ses livres se vendent à 1,5 millions d’exemplaires. Le physicien anime alors des séminaires et des formations jusqu’en 1997, puis poursuit ses recherches vers d’autres horizons. Fin de l’histoire ? Non.

Dans le sillage de Drouot, plus discrets mais plus endurants, deux psychologues français vont rester fidèles à cette recherche et l’inscrire dans la durée. Ayant fait partie du premier groupe de formation du physicien, ayant développé et approfondi leurs méthodes, Gilles et Chantal Guattari ont aujourd’hui plus de 30 ans d’expérience en technique d’« expansion de conscience ». Leur spécificité est d’assumer une position spiritualiste. « Le but de l’expansion de conscience n’est pas tant de dénouer nos vies passées de manière linéaire, que de retrouver l’être endormi au plus profond de nous-même », souligne Gilles Guattari. Comme Drouot, ils ont formé des thérapeutes, si bien que la France compte une communauté confidentielle, mais bel et bien existante, de facilitateurs en « régression vers les vies passées » ou en « expansion de conscience ».

Comment en êtes-vous venu aux régressions dans les vies « passées » ?

Depuis l’âge de 8 ans, je n’ai de cesse de sonder la raison de ma venue sur Terre. Je suis ainsi profondément animé par la nécessité d’aider tout un chacun à retrouver le sens de son incarnation. Cela change tout de sentir pourquoi nous sommes là. Plus concrètement, après des études de philosophie et de psychologie, j’ai enseigné la philosophie puis je suis devenu responsable d’un établissement pour adolescents en grandes difficultés psychologiques et scolaires. J’étais en quelque sorte le pompier de service car on m’envoyait les cas les plus difficiles. Or, certains d’entre eux avaient des capacités hors-normes et cela m’a intéressé. J’ai par exemple eu un gamin rêveur qui « captait » les cours en provenance de deux classes différentes, en même temps. Il était considéré schizophrène mais en réalité, il était télépathe. Le problème est que les outils pédagogiques et psychologiques classiques ne sont pas adaptés à ce genre de cas.

Je me suis alors impliqué dans un groupe de recherche en parapsychologie à l’université Paris X. J’y ai rencontré mon épouse, Chantal, et nous avons voulu aller plus loin. Nous nous sommes essayés à ce que le développement personnel faisait de plus innovant à l’époque – dont les régressions vers les vies passées. Personnellement, j’ai fait ma première session avec Chet Snow, qui était l’assistant d’Helen Wamback en 1984. Et en 1988, Chantal et moi avons suivi la première formation de Patrick Drouot. Nous avons également beaucoup voyagé en Inde et en Asie, au Brésil, en Afrique en quête d’expériences chamaniques et d’enseignements spirituels.

Est-ce que la notion de réincarnation était nouvelle pour vous ?

Non, j’ai toujours pensé qu’il y a une logique implacable dans l’idée du cycle des renaissances. Et mes 30 ans de recherche ne m’ont pas révélé de faille dans ce système métaphysique. J’ai fait quelques 10 000 séances et à chaque fois que nous sommes remontés à l’origine des problèmes pour lesquels ces personnes venaient, nous avons toujours trouvé des histoires d’une cohérence imparable. Donc ce que nous avons constaté sur le plan clinique corrobore ce que les recherches en parapsychologie ou la littérature métaphysique rapportent sur ce sujet : une partie de notre psyché semble reliée à une forme de conscience supérieure. Les vies incarnées ne sont que des manifestations particulières d’une conscience qui est plus vaste, illimitée même. Cela veut dire que l’homme évolue sur plusieurs plans à la fois : d’une manière linéaire puisque sa conscience ordinaire est limitée dans un espace-temps donné, et d’une manière plus « spatiale » car sa conscience supérieure vibre dans une autre dimension qui semble infinie. La difficulté est donc que l’homme est un être multidimensionnel : il vibre sur différentes fréquences mais au fond, il cherche à redécouvrir sa vibration primordiale. L’objectif de notre approche d’expansion de conscience est donc de chercher à transcender l’espace et le temps pour permettre aux personnes de retrouver ce niveau lumineux d’eux-mêmes.

Vous cherchez donc à aller au-delà des différentes vies passées ?

Rechercher des réponses à nos problèmes dans les vies passées est très utile. Et cela peut avoir des effets plus profonds et plus rapides qu’une thérapie classique. Nous avons eu des résultats intéressants dans certains cas de pathologies lourdes, sur le plan physique et mental. La résorption des phobies est aussi un grand classique des régressions. Cela est dû au fait que nous avons pu remonter à l’origine d’un traumatisme qui n’appartient pas au présent. Revisiter une vie passée peut aussi permettre une acceptation d’une épreuve. En effet, parfois il n’est pas tant question de guérir mais de grandir à travers des initiations. Donc retrouver des vies passées est un premier niveau. Mais nous pourrions aussi passer notre vie à dénouer nos mémoires une par une, de manière linéaire. Ce qui est beaucoup plus important, et plus puissant en terme d’effet, c’est de se relier à la cohérence qui est au-delà du théâtre de nos différentes vies, au-delà des différents personnages que nous avons vécus. Car derrière cette fragmentation, se trouve un niveau de conscience plus unifié, qui contient notre programme d’incarnation fondamental. Le but de notre travail est donc de nous assurer que chacun est relié à son unité profonde, qu’il ou elle connaît le but de son voyage, afin de ne plus se perdre dans ses incarnations.

Vous avez donc une vision stratifiée de la psyché…

Nous voyons effectivement que la réalité profonde d’une personne est voilée par un système complexe de filtres psychiques, qui produisent effectivement une sorte de stratification de sa psyché. Parmi ces filtres, trois sont importants pour nous.

Nous appelons le premier, le filtre « freudien » : c’est l’influence des parents, de l’éducation, des relations, du transgénérationnel, de la culture, etc. En restant à ce niveau-là, une personne peut passer 20 ans allongée sur un divan sans trouver la cause réelle de son malaise. Il y a souvent besoin d’aller plus profond.

Nous devons le deuxième filtre aux travaux de Stanislav Grof, fondateur de la psychologie transpersonnelle. Ce filtre recoupe les schémas psychiques qui s’imprègnent à la naissance. Nous voyons l’importance de ce filtre dans notre pratique, car s’intéresser à la réincarnation, ce n’est pas seulement s’intéresser à nos morts passées, mais aussi à nos naissances ! Or, la manière dont nous sommes nés est non seulement souvent liée à la manière dont nous sommes morts dans notre dernière vie, elle a aussi une incidence majeure sur notre vie actuelle.

Le troisième filtre est le plus important, c’est le filtre karmique. Il est généralement bien verrouillé. Et heureusement ! Imaginez que vous puissiez vous rappeler de vos vies antérieures. Vous seriez schizophrénique. L’oubli de qui nous sommes véritablement se trouve donc surtout à ce niveau-là. Ce filtre contient notre choix d’incarnation : notre volonté de choisir un nouveau corps pour vivre une nouvelle expérience terrestre. Et au-delà de ce filtre puissant, il y a le siège de notre conscience supérieure. Donc, travailler sur ce filtre nous permet de retrouver notre programme d’incarnation original. Car nous pensons que rien n’est fondamentalement inaccessible. Il n’y a pas de mystère. Nous pouvons accéder aux informations karmiques et à la conscience unifiée qui est derrière. De manière ultime, le travail en expansion de conscience mène donc vers un travail d’éveil. Il nous ramène à la source car au final, nous sommes des êtres d’une conscience et d’une énergie illimitée.

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