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Oser dire non aux autres pour dire oui à soi

 

Savoir dire nonPar Agnieszka Rouyer

On en entend beaucoup parler, mais de quoi il s’agit réellement ? Pourquoi une approche stéréotypée de ce concept rend en fait difficile une attitude assertive ?

Selon la compréhension classique de l’assertivité, l’une des facultés les plus importantes, est de savoir dire « non » pour défendre ses droits.


 

Mais quelle serait donc notre vie, notre état d’être, si nous soupçonnons systématiquement les autres d’ignobles intentions ?

Nous apprêtons-nous à l’avance de repousser leurs attaques ou bien cherchons-nous à agrandir nos limites ? Nous exprimons haut et fort nos opinions, certes, mais en réalité, au plus profond de notre cœur, nous avons peur ! Peur de ne pas être crédible aux yeux des autres, ce qui ajoute, de surcroît, un sentiment de culpabilité.

Ne serait-il pas préférable d’agir dans la légèreté ? Ne serait-il pas plus judicieux de prendre soin de nos besoins, de nos limites, dans le respect des autres ? N’est-il pas plus agréable de résoudre les conflits et d’apprécier simplement le contact avec les autres ?

Il est essentiel de savoir que, dans l’assertivité, les mots et les techniques ne font pas tout. Ils ne sont pas garants du succès parce qu’en fait les gens ressentent nos intentions. Si nous les considérons comme des égaux, ou a contrario comme supérieurs ou bien inférieurs à nous, ou comme des sujets de moindre importance, ou encore comme des personnes plus ou moins matures, inconsciemment, ils le ressentent. Ils nous perçoivent d’une manière bien spécifique, même s’ils ne savent pas pourquoi. Notre comportement s’ajuste de manière indépendante à notre intention. Quand notre intention est belle, notre comportement devient tout naturellement amical.

L’intention d’égalité et de respect mutuel est une attitude profondément assertive, qui nous est très utile dans une communication « gagnant-gagnant ». Le paradoxe est qu’afin de permettre aux autres d’exprimer efficacement et en toute confiance leurs opinions, leurs émotions, leurs besoins, mais aussi leurs refus, nous devons d’abord élaborer une telle attitude en nous-mêmes ! Car pour celle ou celui que nous sommes authentiquement, une véritable acceptation de la vie que nous menons est la base d’une belle relation aux autres.

Qu’est-ce que cela signifie ? Nous devenons conscients de nos besoins, de nos émotions, de nos valeurs. Nous comprenons mieux l’influence et la pression que nous exerçons sur notre propre vie et celle des autres. Nous percevons ainsi nos limites, ce qui est sous notre contrôle et ce qui ne l’est pas. Grâce à la prise de conscience et l’acceptation de soi nous avons la possibilité de construire une belle et honnête relation avec les autres.

Une posture profondément assertive aide à nous connaitre, à nous comprendre, à comprendre notre légitimité face à l’autre, ainsi que de distinguer le point de vue d’autrui. Plutôt que de se démener entre la soumission, l’intrusion ou un compromis inefficace, nous avons la possibilité de créer une collaboration honnête et agréable.

Nous exprimons alors nos ressentis, nos opinions, nos besoins, en toute sérénité. Nous développons une grande ouverture d’esprit et beaucoup de flexibilité tout en respectant, de façon naturelle, nos limites. C’est de cette manière que nous créons les relations plus matures, et, de plus en plus, nous disons OUI à la Vie !

Voici un petit exercice qui pourrait nous aider à donner des feedbacks ou une critique constructive.

1. Prenez soin de votre intention.

Est-ce que nous souhaitons discuter avec l’autre pour trouver un terrain d’entente et une solution ? Ou alors, souhaitons-nous lui donner une leçon afin de nous décharger de la colère ? Dans le premier cas, nous pouvons passer directement au point 2. Sachez également qu’il y a des choses qui se trouvent en dehors de notre contrôle, acceptons donc ce fait.

2. Vous avez le droit de critiquer le comportement, pas la personne.

Si l’on critique quelqu’un en utilisant des phrases du genre « parce que tu es …», « parce que tu as fait… », on peut être certain que notre interlocuteur se fermera automatiquement et il sera incapable d’entendre ce que nous disons, toute discussion sera impossible. En utilisant ce genre de phrase, on se place en juge face à l’autre ! Avons-nous le droit de le faire ?! Si nous nous adressons à l’identité de l’autre – c’est un niveau très profond, il ne s’agit pas de simple susceptibilité ! – l’information que nous souhaitons transmettre sera très probablement rejetée.

Il est beaucoup plus efficace d’émettre une critique saine du comportement de l’autre, tout en soulignant que ce n’est que notre opinion et pas LA Vérité objective universelle. Par exemple en utilisant des tournures du type : « j’ai vu que…, je t’ai entendu…, je remarque que… je n’ai pas apprécié quand … » (quand ? quoi ? donner des faits), « selon moi … ». En précisant ce que nous avons ressenti, ce que nous avons pensé du comportement de notre interlocuteur, – a fortiori si ce comportement nous a blessé – nous exprimons simplement que nous lui demandons d’adopter un comportement différent la prochaine fois.

Un comportement est quelque chose qui demeure à l’extérieur de nous, et il nous est beaucoup plus facile d’accepter des opinions sur notre comportement que sur notre identité.

3. Souvenez-vous, dans la même conversation, d’apprécier ce que l’autre fait ou ce que vous aimez dans son attitude.

Les émotions favorables nous mènent à une saine collaboration et une relation plus agréable. Par contre, la tension ou la peur entraîneront, à long terme, le rejet de l’information essentielle et des difficultés dans la communication.

Quand nous apprécions quelqu’un, parlons donc de son attitude et de ce qu’elle est pour nous. Quand nous souhaitons donner un retour constructif, un retour d’amélioration, parlons donc de son comportement. Il faudra aussi adapter notre propre comportement et les mots que nous employons en fonction de la personne vers qui nous allons. Chaque personne est différente, et nous l’abordons d’une manière différente, par chemin différent. Tentons donc de ressentir la situation et le moment juste pour avoir le meilleur dialogue possible.

Bonne Chance !

http://lapressegalactique.net/

 

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