Le 01/05/2016

Par Nathalie Cariot
Je vais donc maintenant régulièrement à cet endroit dont je vous ai parlé. Un petit bois posé sur un enchainement de buttes successives, un ruisseaux, des arbres majestueux et immenses, principalement des chênes et des châtaigniers, des fougères naissantes et des ravenelles éparpillées… À toute heure de la journée, lorsqu’il y a du soleil, la lumière y est magnifique. Et j’assiste au pied du Prince des lieux à des jeux d’ombre subtils et enchanteurs…
Pourtant, et contrairement à ce que peut laisser penser ma description, l’endroit est loin d’être paradisiaque, tant il est maltraité par l’homme !
Aujourd’hui, profitant du soleil couchant, j’ai décidé de m’y rendre par un autre chemin. Et je suis tombée nez à nez sur les restes d’un gros châtaignier coupé et débité récemment…
À moitié déraciné, des morceaux arrachés tout autour, déchiquetés, qui pendaient comme des lambeaux de chaires, voilà ce qui restait de lui.
J’ai immédiatement été submergée par mon émotion.
Habitant à la campagne depuis toujours, j’ai pourtant souvent vu des arbres coupés, sans que cela provoque chez moi de véritable réaction.
Et là, j’ai pu ressentir leur peine, immense, leur incompréhension face à ce qui ce qui s’était produit devant leurs yeux…